La Bergerie Céramiques

Gerbino (Jean)

Jean Gerbino (1876-1966) né en Sicile, et après avoir installé son atelier en Algérie, est venu en 1919 à Vallauris, où il travaille chez Massier. Puis, il se met à son compte et oeuvre à la mise au point de son procédé très particulier de mosaïque.

Voir Wikipédia (nous avons apporté des modifications de détail):

"Biographie

Issu d’une famille de potiers siciliens, Jean Gerbino travaille dès l’âge de dix ans dans une fabrique voisine. En 1902, il arrive en France et s'emploie comme tourneur chez les Massier à Vallauris. En 1905 en Algérie, il crée son propre atelier à la Maison-carrée (El-Harrach du XVIIIe arrondissement d'Alger). Puis il revient à Uzès où il travaille chez Pichon. Il est de retour chez les Massier en 1919.

Il entreprend alors des recherches pour un procédé tout à fait particulier et original de mosaïque pour ses céramiques, qui lui ont demandé une quinzaine d'années de travail pour la mise au point définitive de «terres mosaïquées». En 1930, il s’installe comme artisan pour exploiter son idée et obtient le grand prix de Paris en 1931. Il reçoit de nombreuses distinctions et réalise de nombreuses expositions jusqu’à sa mort en 1966.

Le secret de fabrication de ces mosaïques de terres se transmet de génération en génération et l’entreprise se perpétue jusqu'à sa petite-fille. Son fils a travaillé dans l’entreprise jusqu’à sa mort en captivité. De 1943 à 1953, l’artiste travaille avec son gendre Ange Joseph Capra qui disparaît en 1953. J. Capra est à l’origine de décors fins dans les tonalités bleues et vertes. Jean Gerbino forme alors son second gendre Édouard Alziary qui le seconde jusqu'à la fin de sa vie. E. Alziary, reprend la fabrique de 1957 jusqu'au 31 décembre 1974. Puis Yvan Koenig (né en 1943 à Arpajon) s'initie de 1971 à 1975 auprès de son beau-père et prend la suite le 1er janvier 1975. Y. Koenig devient le propriétaire de la fabrique le 1er janvier 1980 et ferme le 15 décembre 2003. Enfin, en 2005, Murielle Koenig1, l'arrière-petite-fille de J. Gerbino, ouvre son atelier à Vallauris avec la même technique en renouvelant les formes et les décors.

Depuis 1984, une avenue de Vallauris, près du stade porte son nom.

Une exposition de 300 pièces lui a été consacrée à Vallauris du 13 octobre 2007 au 6 janvier 2008.

Le procédé Gerbino

Histoire de la technique du nériage

La technique du nériage (du japonais nerikomi2, prononcer néri-agué signifiant mélange) a été mise au point par les potiers chinois entre les VIe et VIIIe siècles (dynastie Tang) qui se procuraient ces limons colorés au bord du fleuve Jaune pour fabriquer des objets précieux en terres cuites marbrées mélangées pour les femmes de la noblesse. Jusqu'à l'époque Song (Xe-XIIIe siècles), les potiers fabriquent de petits objets utilitaires (brûle-parfums, presse-papiers, petits vases) et après le XIIIe siècle, ils préfèrent travailler la porcelaine et abandonnent les terres marbrées. Cette technique céramique a été utilisée en Égypte, en Chine et par les Romains.

À la mi-XVIIIe siècle, dans l'Angleterre baroque, la Société Josiah Wedgwood et d’autres petits ateliers de poterie utilisent les argiles de couleur (articles marbrés et vases Portland qui constituent une réinterprétation d'une verrerie romaine). Au début du Japon moderne, les expériences dans les argiles colorées évoluent vers les techniques de nériage (nerikomi) qui sont rapportées en Europe et en Amérique pendant la période de renaissance des arts japonais au XXe siècle, Mingei durant l'ère Meiji (on trouve quelques exemple également à la période Momoyama et Edo). En 1728, César Moulin, fils d'un potier d’Apt apprend la technique en Angleterre et revient à l'atelier familial où il crée en 1760 ses premières pièces en terre marbrée avec des terres rouges, brunes, vertes et blanches du Ventoux. En 1925, Léon Sagy, à Apt également, invente la technique des terres mêlées flammées avec une faïence fine.

Les terres marbrées sont aussi appelées terres mêlées ou nériage voire Porphyre, Terre d'Agate… Plusieurs faïenceries reprennent cette technique au XIXe et au début du XXe siècle : Douai, Orléans, Sarreguemines, Thuir (près de Perpignan), Uzès et Vallauris. À Uzès, la famille Pichon se distingue avec ses terres mêlées puis à Vallauris, le céramiste Jean Gerbino invente la mosaïque de terres mêlées.

Un engouement pour cette technique de céramique s'est produit dans les années 1979-95 suite à une publicité. Une trentaine de faïenciers pratiquent cette technique en Europe aujourd’hui. Les potiers anglais sont alors particulièrement créatifs dans l'utilisation de ces techniques (comme Thomas Hoadley, Curtis et Suzanne Benzle, Chris Campbell, Dorothy Fiebleman, Michael Haley et Susy Siegele).

Le travail de Jean Gerbino

Le procédé particulier dit "Gerbino" associe différentes techniques de mosaïque et de nériage (mélange de terres colorées). Les argiles3 de la faïence sont colorées dans la masse par des oxydes. Ces argiles sont assemblées à plat pour former des dessins. Les plaques sont mises en forme dans des moules. Dans le nériage, la variabilité de retrait des terres est une question majeure. Ce retrait se gère par l'ajout d'oxydes qui permettent d'établir un équilibre entre les différentes couleurs, à condition de maintenir une humidité aussi uniforme que possible des différentes argiles. Un séchage extrêmement lent est nécessaire. Après séchage, la pièce est cuite une première fois, recouverte d'un émail incolore puis cuite une seconde fois.

« Avec leur petit air africanomauresque, les céramiques de Jean Gerbino portent la marque de l'exotisme colonial des années 1930 qui les ont vu naître. Cette mode récurrente les remet au goût du jour. Mais avec le recul du temps, elles apparaissent aussi comme des curiosités intemporelles, dotées de fortes qualités décoratives. »(Revue Céramique & Verre, no 80, janvier/février 1995).

Avec et après Jean Gerbino, ses successeurs font évoluer le style4. La technique attire d’autres créateurs, Yvan Koenig travaille à des réalisations avec des plasticiens et des designers, prouvant la richesse et l’actualité du procédé. Depuis 2006, Muriel Koenig poursuit l’œuvre en l’orientant à son tour dans de nouvelles directions."
























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