La Bergerie Céramiques

"Fresque" de Jean Marais : saura-t-on bientôt la vérité?

La possible destruction par les services de la préfecture des Alpes-Maritimes d'un important panneau de céramique réalisé par Jean Marais commence à émouvoir l'opinion.

Ce panneau, désigné improprement comme une fresque, ornait la salle d'un restaurant de plage récemment détruit pour cause d'illégalité.

Au passage, rappelons ce qu'est une fresque : "Le terme vient de l'italien « affresco » qui signifie « dans le frais ». La fresque est une technique particulière de peinture murale dont la réalisation s'opère sur un enduit appelé intonaco, avant qu'il ne soit sec." (Wikipédia). C'est donc par commodité que nous appellerons ce panneau "fresque", alors qu'il était composé de carreaux de céramique.

Rappelons les faits : aux termes d'une longue résistance encouragée par le maire de Vallauris, Mme Michelle Salucki, la préfecture a obtenu en début d'année la décision logique au regard de la loi de détruire les derniers restaurants installés sans droit ni titre sur la plage de Golfe-Juan. A noter que, malgré les précédentes rodomontades dont elle est habituelle dans bien des domaines, Mme Salucki s'est totalement désintéressée du sort des restaurateurs visés par la mesure, une fois celle-ci exécutée.

Deux restaurants disposaient de panneaux de céramique réalisés par des artistes vallauriens : "Vallauris-Plage" exhibait un décor maritime de Renaud Lembo, qui était la première chose que le visiteur apercevait en entrant à Golfe-Juan côté Cannes. Ce panneau a été liquidé au bulldozer, sans tambour ni trompette, et sans le moindre regret ni la plus légère tentative d'intervention des autorités locales.

L'autre panneau, plus important, ornait la salle du restaurant "Chez Nounou", et avait donc été réalisé par Jean Marais, vers le milieu des années 80.

Connaissant le sort réservé à cette oeuvre, Mme le maire a proposé au propriétaire du restaurant, M. Gilles Esmiol, qu'il la lui cède gratuitement. Etant donné le peu de soutien que ces restaurateurs avaient reçu de la part de la mairie, cette requête ne fut évidemment pas bien accueillie. Pire : M. Esmiol envisageait de faire don de cette oeuvre à une association dédiée au sauvetage du patrimoine communal, association perçue par le maire comme un instrument de son opposition.

La préfecture prétend aujourd'hui avoir laissé deux mois à M. Esmiol pour récupérer la "fresque" ; M. Esmiol affirme que ce délai n'a été que de deux jours, insuffisants pour trouver une entreprise capable d'effectuer le démontage.

Aujourd'hui, l'opinion s'émeut de ce qui apparaît comme une destruction, selon ce qu'affirme la préfecture.

Mais des éléments nouveaux semblent infirmer cette version : la photo, notamment, qui circule sur les réseaux sociaux, montrant le mur qui supportait la fresque, intact, avec encore les marques de l'emplacement des carreaux la composant.

Il semblerait donc que, loin d'avoir été détruite, la fresque aurait été soigneusement démontée, puis enlevée. Par qui ? Mystère...

Les évaluations concernant la fresque marquent un grand flottement de la part de la préfecture, qui prétend par un communiqué qu'en raison de son état et de sa prétendue pollution à l'amiante, sa valeur était nulle ; en même temps, la DDTM (Direction départementale des territoires et de la mer, organisme préfectoral) communiquait à Nice-Matin une estimation de 1000 à 2000 euros. Enfin, le commissaire-priseur ayant dispersé les collections de l'ex-musée Jean Marais à Antibes, affirme qu'il avait communiqué à M. Esmiol une évaluation de 3 à 4000 euros. En fait, nul ne peut dire quel prix ce panneau aurait pu atteindre lors d'une vente publique comportant la publicité appropriée : 10 000, 15 000, davantage ? En tous cas, pour avoir vu le panneau peu avant sa disparition, je peux affirmer de façon tout à fait péremptoire que, s'il souffrait de quelques accidents mineurs, il était globalement en très bon état, et complet, quant à l'affirmation de la présence d'amiante dans les carreaux, elle relève évidemment de la fantaisie la plus débridée, insoupçonnée chez les austères ronds-de-cuir préfectoraux...

On attend avec impatience la manifestation de la vérité, mais il est certain que l'esprit bureaucratique le plus endurci, le mépris le plus sordide, l'ignorance la plus crasse, ont présidé au sort de cette oeuvre majeure pour l'histoire de la céramique à Vallauris...

 

Addendum : Lors de la diffusion ce soir 25 Juin sur la 3 d'un reportage sur le sujet, le directeur de la DDTM s'est justifié en mentant. Il a expliqué la "destruction" de la fresque par la présence d'amiante dans... les carreaux ! Or, quiconque s'est intéressé de prs à la céramique n'ignore pas qu'il n'y a pas d'amiante dans les carreaux. De toute façon, cette déclaration est contradictoire avec celle tout aussi mensongère faite plus tôt, selon quoi le propriétaire, Gilles Esmiol, avait été invité à récupérer sa fresque. En outre, facteur aggravant, la colle aurait également contenu de l'amiante. Comment expliquer alors que le mur supportant la fresque, évidemment couvert de la même colle, a, lui, été détruit sans la moindre précaution ? Il est scandaleux qu'un agent public de ce niveau mente à la population.

 

 

 

 

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http://www.leparisien.fr/culture-loisirs/une-fresque-de-jean-marais-a-la-poubelle-vraiment-24-06-2018-7791186.php

 

Article "Le Parisien" :

L’œuvre réalisée par le comédien a été détruite lors de la récente démolition d’un restaurant de plage à Vallauris. Mais le propriétaire des lieux en doute.

C’est une imposante scène de personnages et de poissons virevoltants en céramique. Une fresque signée Jean Marais et dont la disparition annoncée fait polémique sur la Côte d’Azur. Elle a été réalisée par l’artiste au début des années 80, à Vallauris (Alpes-Maritimes) où il s’était installé, pour un restaurant de plage baptisé « Nounou ».

L’établissement, qui occupait de manière illicite le domaine public maritime, a été démoli par l’Etat il y a quelques mois. Et la fresque aurait été rasée avec lui, a-t-on appris ce week-end…

« Un huissier a constaté qu’elle présentait des carreaux cassés et des traces de perçage. Un diagnostic a révélé la présence d’amiante dans les carreaux et la colle […] L’huissier a conclu à l’absence de valeur vénale de cette fresque […] dangereuse, détruite, sous chantier étanche » s’est justifiée la préfecture. Selon elle, le propriétaire « a déménagé ses biens sans faire procéder à la dépose » alors qu’il avait « un délai de deux mois » pour le faire, a-t-elle précisé.

Selon le restaurateur, la fresque a été récupérée

Fin de l’histoire ? Non, assure Gilles Esmiol, à la tête de l’établissement depuis son rachat en 1973. « En fait, j’ai eu quelques heures seulement afin de tout débarrasser, s’est-il défendu ce dimanche au téléphone. J’avais alerté tout le monde sur cette fresque ces derniers mois. »

 

Contre toute attente, le septuagénaire estime même… qu’elle n’aurait pas été détruite. « J’ai vu sur place lors du chantier de démolition le panneau sur laquelle elle était posée, encore intacte avec les traces des carreaux. Pour moi, elle a été démontée de manière très professionnelle, quelqu’un l’a récupérée. Mais qui ? Je vais donc demander sa restitution via mon avocat. »

Le restaurateur avait commandé la fresque au célèbre acteur, client de l’établissement mais aussi résident de la commune où il réalisait des œuvres d’art à la fin de sa vie. Il y a également été enterré en 1998. « On faisait des travaux, se souvient le commerçant. A la base, je lui ai demandé une sculpture. Quelque temps plus tard, il est revenu de Paris avec un magnifique dessin. Il l’a fait exécuter par un potier et a tout surveillé. » Pour Gilles Esmiol, le comédien, ancien compagnon de Jean Cocteau, était « d’une exquise délicatesse ». « Peu importe la valeur financière ou pas. J’aimerais protéger la mémoire de celui qui a été un remarquable tireur de chars de toutes les manifestations culturelles de la ville à l’époque. » A condition que l’œuvre existe toujours…



25/06/2018
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